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05, 9, 2006

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Mon travail tient dans l’écart (la gouttière) qu’il y à entre ces deux images, ces deux artistes au travail. Il pose l’hypothèse d’une plasticité qu’il déplace dans le processus compositionnel musical. La plasticité, envisagée comme une pensée des mains, appose une série d’opérations sensibles dans le sensible. Ces opérations, qu’il ne faut pas confondre avec l’application d’un plan raisonné a priori, sont mentalisées comme un mouvement simultané du corps et de l’esprit : une gymnastique. Son lieu : le méta – atelier, espace de travail mouvant, qui se satisfait de l’intérieur comme de l’extérieur (il peut être la deuxième chambre d’un appartement comme il peut tenir dans la poche). La gymnastique, même si elle s’y improvise parfois en bricolant, n’en demeure pas moins rigoureuse. C’est une intelligence du corps qui possède sa logique propre et qui la développe. Son objet : le sensible en amont comme en aval de l’atelier. Sa formule : Le méta – atelier produit du sens(ible) (où le sens d’une œuvre est insécable de ce qu’elle donne à voir, sentir, toucher…). Ce méta – atelier ne privilégie aucun matériau, nous pouvons donc y mettre les sons, et pourquoi pas la musique en entier.

La composition musicale se frotte à la gymnastique. Les roulades repoussent les renversements ! Attaque à la face et esquive par retrait du corps, les séries proportionnées escampent. Alors, le son rapporté à l’atelier peut être soumis à toutes les opérations dont le plasticien dispose. Nouer, froisser, plier, découper, etc… Et le méta – atelier mute : la composition en son sein intègre tous les niveaux de la création d’un instrument spécifique : un méta – instrument mutable.

Alors, à l’image de ce méta–atelier, se dégagent plusieurs possibilités compositionnelles pour le musicien plastique que nous pouvons grouper en deux voies distinctes mais complémentaires. D’une part, la première envisage une pratique musicale à l’extérieur, où la composition se déduit de l’observation d’une circonstance . D’autre part, la seconde projette de construire une circonstance particulière, multi-sensible. Le compositeur plasticien propose un site et un moment à partir desquels la composition va se déployer : une forme spécifique. Qu’il choisisse l’une ou l’autre des solutions, le compositeur s’engage dans une pratique musicale concrète : – Il déduit sa pratique d’une observation sonore avec laquelle il cohabite et qui fait sens. – Il met les musiciens et les auditeurs/spectateurs en situations de pratiques de l’instant qui fait une musique des muscles et des nerfs. Pour ce faire il rend lisible le processus qui s’engage au présent, et s’il propose une intrigue, elle est sans fable (sans drame).

Un site Internet, complémentaire à ce blog, est en chantier. Vous êtes musiciens, vous faites partie d’un ensemble qui s’intéresse à la musique contemporaine, vous pouvez me laisser votre adresse ou m’écrire à mathevetf@wanadoo.fr .

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